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Faso foot ligue 1 : Quand le génie créatif prend des vacances.

fièrement taillé, doré comme une promesse électorale en période de campagne. Un trophée de football ou plutôt, une œuvre d’art dédiée aux Forestier. Un trophée qui semble sorti tout droit d’un atelier où l’inspiration et l'esprit créatif ont pris congés sans solde. Le football même est étonné.

Deux bras, trois bras, bref plusieurs bras ou des branches, difficile à dire. Quand on regarde de loin, on voit tout de suite un baobab sacré de plus de 90 ans. Mais de plus près on voit une silhouette qui hésite entre un baobab sacré et une sculpture de l'époque coloniale. Et pour se faire comprendre, le génie créateur décore avec des ballons. Parce que, manifestement, quand on parle de football au Faso, la créativité s'arrête à : « Bon, mettez un ballon dessus, on comprendra».Voilà donc désormais le symbole suprême du champion de Faso foot ligue 1.


Le public imagine la scène de conception :

— «Il nous faut un trophée original ! »

— «Oui, très original car nous sommes en révolution et tout doit changer! »

— «On crée d'abord le pied symbolisant un baobab avec des branches qui démontrent la grandeur de Faso foot et on met un ballon au centre»

— «Génial. Et dessous ? »

— «Des mains, beaucoup de mains comme ça, ils comprendront que le pays à du savoir faire.»

— «Validé. Passe-moi la peinture dorée. »


Plusieurs jours de travaux intenses et bim, le Chef-d’œuvre.

Ce trophée ne reflète pas seulement le foot, mais l'histoire de tout un pays : celle de son savoir-faire en matière de conception. Une imagination trop réfléchie peut être même trop où personne ne comprend vraiment ce que ça représente pour un championnat en émergence. Pour être optimiste, et encourager l'esprit créatif, certains hochent la tête en disant : « C’est profond. »

On dirait une sculpture qui était destinée aux agents d'eaux et forêts puis qui, à mi-chemin, a perdu son sens, sa logique et son auteur. Ce trophée et l'élégance, et la modernité s'opposent avec la plus grande énergie. Ce trophée est Comme une sauce où on a mis tous les ingrédients du marché pour être sûr que ça ait du goût.


Le plus fascinant dans tous ça ce n’est pas le trophée. C’est qu’il ait été validé, approuvé, produits en série peut-être, Et remis solennellement à des champions. On imagine les joueurs soulever ça avec fierté, en se demandant intérieurement :

« On a gagné ça ? Vraiment ? »


Pendant que partout ailleurs, les trophées de league des champions ou de certains championnats tendent vers l’épure, le symbole fort, l’identité visuelle claire, nous, on choisit la surcharge mystique dorée. Ce trophée n’est pas seulement un objet. C’est un résumé en métal de notre amour pour la nature particulièrement le baobab. beaucoup d’efforts, très peu de direction artistique.


Et pourtant, le pays des hommes intègres regorge de nombreux talents. Les artisans existent, les sculpteurs, les designers. Mais on dirait qu’au moment de concevoir quelque chose d’important, on confie le projet au cousin qui « sait bricoler ».


Résultat : une œuvre qui ressemble à tout sauf à ce qu’elle devait représenter. De toute façon, ce trophée mérite un prix, mais pas pour le football. Et le plus ironique dans tout ça, c'est qu'il brille, doré et attire l’œil.

Comme beaucoup de choses chez nous : ça brille, mais ça manque cruellement de conception.


✍️✍️✍️Ismaël Ouédraogo 

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