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La culture maraîchère dans la ville de Ouagadougou

Une parcelle de chou

 À Rhimkieta, au nord de Ouagadougou, s’étend un vaste périmètre maraîcher d’une dizaine d’hectares. Sur ces terres fertiles, des hommes et des femmes se battent chaque jour, non seulement pour faire vivre leur activité, mais surtout pour nourrir des familles.

Awa Soré, 35 ans, mère de quatre enfants, est à pied d’œuvre quotidiennement entre ses parcelles de choux et de salade. Ce site maraîcher, réputé pour la qualité de son sol, permet aux exploitants d’alterner les cultures au fil des saisons. Pendant l’hivernage, Awa, comme d’autres maraîchers, cultive du riz, du maïs ou du sorgho. À la fin de la saison des pluies, le même terrain est réutilisé pour des cultures maraîchères telles que la carotte, le chou, la salade, le concombre et bien d’autres produits.

Elle confie avec fierté : « Je fais ce travail depuis que je suis jeune. Cela fait maintenant douze ans que je travaille ici. J’aime ce métier, car il me permet de subvenir à mes besoins. »

Malgré le manque d’eau et les difficultés liées au terrain, ces maraîchers ne baissent pas les bras. À une dizaine de mètres de la parcelle d’Awa se trouve celle d’Issa Ilboudo, 52 ans, dont la grande surface est entièrement recouverte de salade. Il exerce cette activité depuis une dizaine d’années. Entre les planches soigneusement alignées, il décrit le processus de production et les contraintes rencontrées :

Issa ilboudo Maraicher

« Nous commençons par la pépinière de salade, puis nous attendons 21 jours avant le repiquage. En tout, il nous faut souvent deux mois, parfois deux mois et demi, avant de commencer la récolte. Nous faisons face à de nombreuses difficultés liées au manque d’eau. Il arrive que nous n’ayons pas suffisamment d’eau pour arroser les plantes. »

Si obtenir une bonne récolte est un objectif majeur, l’écoulement des produits constitue un autre défi de taille. Salif Soré, maraîcher expérimenté et propriétaire de plusieurs planches de choux, explique son mode de commercialisation :

« Après trois mois de travail, je vends les planches aux femmes qui revendent ensuite les produits sur les marchés. Le prix d’une planche varie entre 25 000 et 30 000 francs CFA. Mais nous rencontrons beaucoup de difficultés : certaines prennent à crédit et ne remboursent pas. Parfois aussi, les clients se font rares. »

Une parcelle de carottes 

Entre le manque d’eau, les contraintes du terrain et les difficultés de commercialisation, ces maraîchers continuent néanmoins de se battre pour maintenir leur activité. Aujourd’hui, ils lancent un appel aux autorités afin que des solutions durables soient trouvées pour soutenir ce secteur vital pour l’alimentation des populations.



✍️✍️✍️ Ouedraogo Ismaël 

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