CAN Maroc 2025 : La preuve que l’Afrique est capable d’organiser une compétition de standard international
Au total, six villes marocaines dont Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir, Fès et Tanger ont accueilli les 24 équipes qui étaient en lice pour une compétition abritées dans des stades flambant neuf ou rénovés et appuyées par des réseaux d’hébergement et de transport adaptés aux normes internationales. Le Complexe Sportif Moulay Abdellah (69 500 places), le Stade Al Barid (18 000), Stade Olympique Annexe (21 000 places), le Complexe Sportif Prince Héritier Moulay El Hassan (22 000 places), le Complexe Sportif Mohamed V (45 000 places), le Grand Stade d’Agadir (41 144 places), le Grand Stade de Marrakech (41 245 places), le Complexe Sportif de Fès (35 468 places), le Grand stade de Tanger (75 600 places) sont les stades qui ont accueilli les matches.
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| Complexe Sportif Moulay Abdellah 69 500 places |
La billetterie, avec une forte digitalisation, a constitué l’un des gros défis. Les prix des billets ont été bien réfléchi afin de permettre un large accès au public. Malgré cette politique tarifaire, la demande a largement dépassé l’offre pour certaines rencontres. Pour les matchs du pays hôte et les phases finales, plusieurs milliers de billets se sont écoulés en quelques minutes, provoquant frustration chez de nombreux supporters.
L'hôtellerie a aussi jouer un rôle important dans l’organisation de cette CAN, reposant sur un parc important d’établissements. Les 24 nations accompagnées de leurs staffs techniques et administratifs, soit plusieurs centaines de personnes, ont été logées majoritairement dans des hôtels de 4 et 5 étoiles. Dans les villes hôtes comme Rabat ou Casablanca, le taux d’occupation hôtelière a connu une forte hausse, atteignant parfois 80 à 90 % lors des grandes rencontres. Cette pression sur la demande s’est traduite par une augmentation notable des prix, notamment dans les zones touristiques et à proximité des stades.
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| Hôtel Courtyard qui a accueilli l'équipe du Burkina Faso |
Les infrastructures de transport ont été un autre pilier essentiel de la réussite du tournoi. Les principaux aéroports du pays ont enregistré une forte hausse du trafic aérien, avec des milliers de passagers supplémentaires sur la période de la compétition. Le réseau ferroviaire quand lui, a été renforcé par le train à grande vitesse reliant les villes hôtes, a permis de relier certaines destinations en 2 à 3 heures, réduisant considérablement les temps de déplacement. À cela se sont ajoutés des axes routiers améliorés, des bus spéciaux et des dispositifs de transport pour assurer l’accès aux stades les jours de match.
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| Le Tram pour relier les villes |
Des cérémonies d’ouverture et de clôture de belle facture
Le 21 décembre 2025 à Rabat, le Maroc affrontait les Comores, marquant le lancement officiel de la compétition. Une cérémonie grandiose à la hauteur d’une coupe du monde, mêlant culture marocaine et identité africaine.
Toute aussi somptueuse, la finale jouée le 18 janvier est considérée comme la plus folle de l’histoire de la CAN. Cette finale restera toujours dans les mémoires.
Une cérémonie de clôture extraordinaire et de beau souvenir. Une rencontre XXL entre deux lions qui est émaillé d’incidents. Dans les arrêts de jeu, tout bascule, les sénégalais trouvent la faille et ouvre le score mais le but est aussitôt refusé pour faute. Et sans recours à la VAR ! Quelques minutes après le Maroc réclament un pénalty pour un fait de jeu et après consultation de la VAR, l’arbitre fait suite à leur requête. Les sénégalais contestent et leur sélectionneur demande à ses joueurs de quitter la pelouse. Ce moment a été commenté sévèrement par des dirigeants de la FIFA et de la CAF, qui ont dénoncé des conduites « contraires à l’esprit du jeu ». Après un quart d’heure passé dans les vestiaires, le capitaine Sadio Mané fait revenir ses coéquipiers. Brahim Diaz tente une panenka et ratte son tir contre toute autre attente. Au cours de la prolongation, Pape Gaye surprend le public avec une superbe frappe, Rabat s’effondre. Les Lions de la Teranga accrochent leur deuxième étoile de champion d’Afrique à leur palmarès.
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| Le sacre des lions de la Terrenga |
Pari réussi pour le Royaume Chérifien
Le comité d’organisation et la CAF ont délivré plus de 5 400 accréditations pour la presse étrangère, un record historique pour la CAN, témoignant une réussite médiatique et de l’intérêt mondial croissant pour la compétition. Cette 35e édition de la CAN a été diffusée dans environ 180 pays à travers le monde. Ce qui traduit une portée mondiale très importante de cette compétition. Cette CAN a aussi généré une audience télévisuelle mondiale estimée à environ 2 milliards de téléspectateurs et une forte présence sur les réseaux sociaux avec plus de 10 milliards de vues faisant d’elle, la CAN la plus suivie de l’histoire.
L’organisation de la CAN 2025 au Maroc a montré une capacité notable de ce pays à accueillir un grand événement sportif continental, avec une infrastructure moderne et une couverture médiatique historique. C’est aussi la CAN des stars. Durant le mois de compétition, plusieurs stars internationales de toutes horizons et secteurs d’activités étaient dans les tribunes lors des matchs pour soutenir leurs équipes.
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| Lumunba VEA |
L’organisation de la CAN au Maroc a alimenté des débats publics et sur les réseaux sociaux dans le pays. Certains observateurs ont critiqué le coût élevé de l’événement au regard des besoins sociaux du pays, comme la santé, l’éducation ou l’emploi, soulignant une possible priorisation de l’image internationale sur des investissements internes. D’autres ont mis en avant l’opportunité économique et touristique créée par l’afflux de visiteurs, ainsi que l’expérience acquise pour de futurs grands événements sportifs. On doit simplement reconnaître que le Royaume chérifien a tenu le pari et réussi l’organisation de l’évènement.
✍️✍️✍️Ouédraogo Ismaël






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